jeudi 28 juillet 2016

Hommage à Ginette


Bonjour à tous..
Désolée pour ce long silence sur le blog ces derniers temps..
Le départ de Ginette a été, pour moi (comme pour nous tous), un nouveau séisme..
Difficile de retourner sur le blog en sachant qu'on ne pourra plus le partager avec elle..

Néanmoins, elle est toujours avec nous..
Et je tenais à publier tous ces jolis textes écrits pour elle..
N'hésitez pas à m'envoyer ceux que je n'ai pas encore reçus.. même scannés , en écriture manuelle, je les taperai pour les publier..

Voici déjà ceux de Monique Slama, de Monique Papouchado et de Héla..

PS: moi je me rappelle du mot "el blid" qu'elle nous assenait à toutes les sauces... surtout Ginette.. mais ma mère n'était pas en reste pour tous ces petits "mots doux"...


Texte de Monique Slama :

En cet instant, j’ai surtout l’image de ma mère très âgée, et dans ce souvenir je vois surtout un regard naïf et très amusé sur le monde autour d’elle.
Je n’oublie pas que le médecin, Dr Bohbot, chaque fois qu’il m’a croisée alors qu’il était en visite chez eux restait un moment à écouter les échanges entre mes parents et les réparties de ma mère en particulier et sortait en disant : « Mais vos parents sont adorables, est-ce qu’ils sont toujours comme ça, est-ce qu’ils se chamaillent pour de bon ? »
Je n’oublie pas qu’elle a dit récemment à une infirmière qui lui mettait les bas de contention qu’on pouvait peut-être arrêter de s’embêter avec ça et l’infirmière est restée un bon moment à lui réexpliquer l’importance de cela, ce que ma mère savait bien sûr parfaitement.
Je crois que dans cette dernière partie de sa vie, elle s’est sentie amie avec les petites gens, les petits commerçants de la rue comme le retoucheur dans sa toute petite boutique, avec ces gens qui ont beaucoup de respect ou d’affection pour les personnes âgées ; avec ce retoucheur, on rusait à de nombreuses reprises pour pouvoir payer les réparations des vêtements qu’il faisait et il rusait pour qu’elle ne paye pas. Cette ambiance–là faisait que c’était un moment très gai de sortir pour aller au bout de la rue et avoir de grands signes amicaux de quelques voisins, commerçants de la rue, et d’aller boire un jus de tomate ou un café dans l’un des cafés du coin. Je pense que cette entente avec les petites gens faisait écho à son goût pour le social comme dans sa jeunesse elle avait essayé d’aider les jeunes filles pauvres de la Hara de Tunis par l’apprentissage.
Je n’oublierai pas non plus la relation très sympathique avec Blaise, avec les aides-soignantes et infirmières, tous ces gens si présents dans cette fin de vie.
Je dirai aussi que j’ai trouvé beaucoup de tolérance dans le regard de ma mère qui a accepté à la fin de sa vie, chacun de ses enfants et de  leurs conjoints, ses petits-enfants et leurs conjoints. C’est ce regard sans amertume, cette façon de ne pas faire de reproche (par exemple à ceux qui venaient peu) qui me manquera. Elle avait également bien intégré dans son monde mes amis, avec qui elle a pu échanger, aller chez eux quand elle s’est sentie la force pour Pierre et Dominique, aller boire un pot avec Line et Claude.
Elle m’a souvent raconté que son père, la veille de son décès s’était rasé de près, il fallait être bien soigné de sa personne et avait demandé au médecin : «  Comment allez-vous, docteur ? » et c’est un peu la même chose pour elle cette façon d’être avec un peu de dérision et de tolérance.
Il y a eu aussi les devoirs qui s’imposaient à elle : aller à Montpellier en ce début d’année, pour les adieux à sa sœur : cela me semblait surhumain, qu’elle puisse aller au cimetière de Montpellier, en partant de Paris, un jour de grève de taxi ; ça n’allait pas être possible, si ça l’a été, on sentait que rien ne l’aurait fatigué ce jour-là.
Ces derniers mois, elle a aussi pu retrouver Tsilla et sa gaieté, sa vivacité, dans la douleur de la perte de Jacquie.
Je voudrais dire un mot également des séjours qu’elle a fait chez Gilles et Evelyne, séjours où elle a trouvé beaucoup de plaisir et son dernier séjour  là-bas a été sa dernière semaine de vie, où elle a pu aller au marché, au restaurant et plaisanté avec Gilles et Evelyne.
Apaisement, tolérance et regard amusé et naïf me semblent être les points marquants de ses derniers temps.



Texte de Monique Papouchado :


Et voila, la joyeuse bande du 66 est au complet. Ginette, dernier élément d’un puzzle à 8 pièces, ta fratrie.
Ta mère Eugénie (Ginie, comme on disait en Tunisie) va t’accueillir en se trompant dans les prénoms : « Lily, Clairette, Jacquie, Ginette ! 
 C’est à cette heure-ci que tu rentres ? »
Et c’est de notre faute, que Mémé nous pardonne, car nous on a voulu te garder plus longtemps, encore plus longtemps avec nous, pour entendre encore ton rire éclatant, tes petites phrases incisives, si « natafiennes » , aller avec toi prendre un petit café au coin de la rue d’Enghien, déjeuner au restaurant chinois. Tu sais, j’aime bien la cuisine chinoise, mais franchement, tous les canards laqués du monde ne valent pas une miette de ta cuisine à toi, faite avec tant d’amour. Jusqu’au bout tu auras expliqué et montré comment faire telle ou telle recette.
Quand tu es née, tu as failli mourir, mais ton père a voulu qu’on fasse tout pour que tu vives, et tu as réussi à vivre, sans doute grâce à ton immense vitalité, la même qui t’a accompagnée tout au long de ta vie, même au milieu des pires épreuves.
Comme tes sœurs, tu t’es dévouée pour la communauté juive, au moins depuis tes 20 ans, à Tunis, avec les jeunes de la Hara que tu as aidés à sortir de la misère noire, et plus tard à Paris, avec les Keren Kayemet le Israël.
:

Tu as rejoint ton étoile.
Je cherche le nom de cette étoile, comment s’appelle-t-elle, déjà ? Est-ce qu’elle s’appelle.. Näfâlabou ?
Ah, non cela me revient, cette étoile s’appelle Serge.

A la dernière phrase d’un de ses poèmes Jacques Prévert dit :
« Et moi aussi comme eux je m’en irai ».

Shalom, doda cheli, shalom, ve le itkha od.
(au revoir, ma tante, au revoir et à plus tard).

 


Texte de Héla :

Chère Mammie
Toi et moi,  qu’est-ce qu’on adorait se taquiner ; je t’appelais Yvonne pour t’embêter et toi tu me disais qu’avec le foot j’aurais des gros mollets.
Et puis autour d’une citronnade et d’un morceau de boulou, on se retrouvait. Tu avais toujours les mots pour nous donner le sourire, d’ailleurs j’ai retrouvé un mail que tu m’avais envoyé en 2009 et je voulais t’en lire un extrait : «  Salut Héla. Ton orchidée est magnifique. Tous les boutons sont éclos. C’est un véritable régal pour les yeux. Par contre les céleris rave sont durs comme de la pierre. Mais heureusement demain je les refilerai à Doro ».
En retombant sur ce message, j’ai eu l’impression que tu étais en face de moi, avec ton regard malicieux, ton humour imprévisible et ta spontanéité qui te rendent si attachante.
Mais avant tout, tu es celle avec qui on faisait tant de parties de skopa, et tu nous rendais tous jaloux lorsque tu avais le 7 de carreaux.
Et je me souviens des manicottes que tu cachais dans le meuble du salon, mais dont tout le monde connaissait la cachette, sans oublier la collaboration de Papy, qui était responsable de la préparation du sucre.
Et puis il y a eu Palavas, les premières mûres tombant des mûriers, les premières glaces à la mangue, les coquillages qu’on ramassait, les crabes qu’on évitait, les rascasses encore frétillantes qu’on ramenait du marché… Et toi tu étais au balcon et tu nous faisais des grands signes.
Et rappelle-toi la génération entière que tu as menacée d’enfermer dans les cabinets, les heures passées devant « Questions pour un champion », toutes les fois où Mimine s’est blottie contre ton zona, nos escapades Place de l’Etoile pour observer l’Arc de Triomphe, ta découverte des brochettes coréennes, le plaisir que tu avais de saucer de l’huile ou plutôt d’huiler le pain et de manger des Tuc en secret, ton regard qui s’illuminait lorsque c’était l’heure du kir et je t’entends encore me dire «  et même la mouche elle tousse ».








samedi 21 mai 2016

Deux lunes : Pensées vers Ginette et Jacquie


Maintenant que je ne risque plus de briser le cœur de Ginette, je publie cette photo ..
la stèle (provisoire) de Maman..
J'ai "détourné" les mots de Maman (adressés à Ivan à l'époque).. dessiné quelques fleurs.. et disposé quelques galets de la part de la famille et amis.. 
(le compte n y est pas, je les fais petit à petit..)




Le texte de Maman se terminait par ces mots :
"Quant à moi je continuerai à penser à lui en regardant la lune (comme nous en étions convenu quand nous étions jeunes), et peut-être m'enverra-t-il un message ?"

Je l'ai détourné ainsi :
"Quant à moi je continuerai à penser à toi en regardant la lune, et peut-être m'enverras-tu un message..."

Et cette nuit, de la fenêtre de ma chambre, j'ai vu traverser 2 lunes dans le ciel, (dû à l'effet d'optique du double vitrage) .. j'ai regardé plus attentivement... quelque soit l'angle d'où je regardais, il y avait 2 lunes... J'en ai pourtant vu défiler des pleines lunes de la fenêtre de ma chambre depuis le temps.. mais c'est bien la 1ere fois que je voyais ces 2 lunes....!!! Deux l'une.. De l'une... Deux lunes..

Pour moi, çà restera le message de Ginette et Maman...


Tsilla


dimanche 1 mai 2016

Photos anciennes 5 (chez Jacquie)


On commence par une photo-mystère... il ressemble un peu à Michel mais la photo a 2 fois son age....!?






Souvenirs de la Famille SLAMA

Ginette, Serge et Gillou


 Michel , Serge et Gillou (fin 1955)


Sont booôôôôooo.........!!





Souvenirs de la Famille PETIGNY



Lily


Marie, Roland et Serge à Gamarth Mai 1956


 Marie en Octobre 1955


Kheredine 1939 : Daisy Lily Ivan Jacquie


Hector, Charlot et Marco



Clairette


Ivan : Laval le 21/07/56


Gisèle



Jacquie


Jacquie et Guy


Jacquie ( pas de dates..)



 Jolie photo de Mémé


 Palavas : Mémé et Tsilla


Belle photo de Pépé


Korbous 1er janvier 1929 : Pépé, Mémé, Lily, Gisèle, Clairette... et le(la) petiot(e) c'est qui ??










samedi 30 avril 2016

Photos anciennes 4 (chez Jacquie)

Photos retrouvées chez Jacquie..


 Très jolie photo de Pépé et Mémé nataf et.. Charlot ? Aout 1929

 Pépé, lily ? et..?



 Délicieuse photo mais je ne reconnais personne.. peut-etre Charlot à gauche ?



 Bernard

Jolie Lily..

 Lily et Minachou au 66 ?
 Pas de dates..





 Gillou

 Monique S... joli sourire.. le 23/09/59


 Bar Mitzva de Michel en 1959..








 Ivan

 Mémé


 Jacquie (9 Mars 1968)


 Hommage au pauvre chameau de la Marsa... qui tourne peut-être encore autour du puits..


 Pour finir, une photo de Gisèle Sarfati que j'ai trouvé sur le web.. et qui a vraiment un petit air de mémé Nataf non..?





Lettre de Lily à Charlot : 1940

Lettre très touchante de Lily (amoureuse) annonçant ses fiançailles à Charlot : 1940

 ** Lire en gros plan ici



 

mercredi 27 avril 2016

Chansons et expressions de Pépé et Mémé Nataf (Lily)

** Lire les textes en gros plan ici

 ** Je viens de me rendre compte que Mémé Nataf est morte un 25 Janvier.. comme Maman..











Souvenirs du 66 (Lily)

** Lire les textes en gros plan ici